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KLAUS NOMI PROJEKT:
une publication  (chez HumuS, 2018), une tournée de lectures-concerts, un projet hors normes, queer as hell. Un hommage haut en couleur à l’une des figures marquantes de la new-vawe américane, martien-chanteur à la voix de fausset qui a traversé comme un météore les nuits fauves d’un New York en débraillante.

Photo (c) Guy Clerc

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Cédric Leproust (jeu)
Marc Berman (musique)
François Renou (coach vocal)
Albertine (dessins)
Pierre Lepori (texte et direction)
Cathy Ytak (préface)

Dates:
– 1er juillet 2018, Lausanne, In-Cité
– 16 novembre 2018, Lausanne, Galerie HumuS
– 17 novembre 2018, Genève Théâtre Pitoëff (Fête du Courrier)

Nouvelles dates à venir!!!

Su Radio Gwendalyn, intervista di Seba Marvin, en italien,  7 novembre 2018.

De Klaus Nomi, on connaît tous The Cold Song,interprétation sidérante de L’air du froid, de Purcell, que le chanteur allemand a popularisé, au début des années 1980. Avec sa voix de haute-contre et son allure allumée, le pape de la new wave a séduit jusqu’au public exigeant des cabarets new-yorkais. Dans Klaus Nomi Projekt, livre-CD et spectacle musical, Pierre Lepori ressuscite avec talent le «cosmonaute-troubadour de Bavière», emporté par le sida en 1983, à l’âge de 39 ans. Cédric Leproust au jeu. Marc Berman à la musique. Albertine aux illustrations. C’est aussi grâce à ce trio d’artistes inspirés que l’auteur romand parvient à rendre toutes les nuances de cette personnalité éclatante et éclatée. Dans ce bel objet, 13 monologues baroques naviguent entre fiction et réalité pour évoquer celui qui a posé dans la vitrine new-yorkaise de Fiorucci. Oui, Klaus Nomi a tutoyé David Bowie. Oui, il a allumé la jeunesse de l’Underground avec son nœud pap et sa tessiture de voix surnaturelle – il pouvait passer du baryton-basse au contre-ténor en un claquement de doigts. Et, peut-être, Nomi a-t-il aussi défunté à l’écoute du Stabat Mater, de Vivaldi…Peu importe la vérité biographique, au fond. Tout dans ce texte dit le mélange d’exquises extases et de kitsch assumé du dandy. «Tu surgis telle une cathédrale dans une nouvelle de Proust. N’appelez pas ça le coup de foudre, le coup de foutre! C’est plus encore, c’est un cataclysme. Tu es l’œil du cyclone et du cyclope, chromé comme une bétaillère texane.» Tels sont les mots de l’amour en langage Nomi-Lepori.Avec une telle déferlante, Cédric Leproust s’en donne à cœur joie. Le comédien est tour à tour colère, séduction, dégoût, scepticisme, provocation et jubilation. Même variété de tons chez Marc Berman, qui dialogue en musique avec le jeu théâtral. Sa partition, qui va du bruitisme aux mélodies les plus suaves, raconte bien les états d’âme et de corps de l’homme aux éclats de castrat. Et puis, dans le livre à la couverture de velours cramoisi, cette cerise sur la lettre «K»: la Genevoise Albertine dessine 13 costumes à la diva.

Marie-Pierre Genecand, « Le Temps », 4 décembre 2018.

 

(…) Deux interprètes se sont jetés dans le texte de Pierre Lepori, mais sans fards et sans paillettes. Le comédien Cédric Leproust, dont le physique filiforme n’est pas sans rappeler celui de la diva, donne vie à la flamboyance solitaire du personnage. Tant d’émotions traversent son visage et son corps qu’on a l’impression d’être en présence d’une diphtongue. Il met tout son être dans la performance, il est bouleversant. Quant au compositeur-interprète Marc Berman, sa musique donne du relief au texte tout en respectant sa propre qualité sonore. L’accompagnement à l’accordéon, ponctué de phrases musicales séraphiques échappées de la table de mixage, élève l’écoute du texte d’une manière inattendue. Il introduit un peu de légèreté aussi, ce qui est nécessaire (…).

Michèle Laird, Bon pour la tête, 24 novembre 2018

Katia Berger, « Tribune de Genève », 9 novembre 2018.

Avec le soutien de:  

                

Photos: Lausanne, 1er juillet 2018, © Guy Clerc

J’étais belle, changeant de sexe à loisir, ébouriffant sans plus choquer, craquant craquante aux clubs enfumés de l’underground fin de siècle. Quelle déferlante, me voilà embarqué à toute allure dans ce que j’avais toujours brodé. Plus vite encore, plus étincelant, d’une soirée à l’autre le tapis d’une gloire attendue se déroulait sous mes escarpins de princesse cellophane. Pendant la journée, nous vaquions aux costumes, inventant sans arrêt des parures fournies, de trois bouts de ficelle tirant l’aurore boréale. Je chantais sans discontinuer: des vocalises, de l’opéra, mélangeant comme des alcools bariolés tout un cocktail de mauvais goût et de raffinement. On appelait ça la new wave, mais j’y amenais des artifices de diva, de la poudre d’escampette, chiffonnant toute bonne séance au demeurant. Tout le monde s’amusait. Et moi, je défilais altière, telle une pythie emberlificoté dans des baves de strass. Tout le monde venait me voir, éberlué par ma voix, mes prouesses classieuses. Jusqu’à l’apothéose, une boutique des plus branchées qui se payait une perfo de mon cru. Je sortais d’un immense K dressé, tel un phallus présomptueux, dans des volutes de fumée rose, Castafiore du pop, Cunégonde candide tombée d’une autre planète pour sauver les nuits mornes d’une jeunesse en débraillance. Ce que j’avais rêvé toute mon enfance, dans la tristesse vaseuse de mon Allemagne natale! Du toc à la puissance sidérale, qui séduisait un auditoire de plus en plus garni. Tout ce que je voulais. Pourquoi alors, à l’aube d’après ces fêtes inouïes, traversant la ville parmi les monticules de neige jaunâtre au creux des macadams, je me surprenais à songer à l’étoile pointée comme un i sur la plus haute de mes montagnes d’enfance, dans l’odeur du cambouis, au soir des moissons? Ce ciel trop large et presque outrageux d’ennui, un murmure de soie dans le bourrelet le plus secret de ma mémoire. Le poison de mon enfance, comme un hoquet dans la nuit de New York, m’empêchait de fermer l’œil, de me sentir plonger, à l’abandon. La vie filait trop vite entre mes cartilages de feu-follet.

 

Participent au projet:

CÉDRIC LEPROUST (jeu) élève aux cours Florent à Paris (2004-7), puis de La Manufacture à Lausanne (2009-12). Depuis il a joué sous la direction de Vincent Brayer (Rêve), Anne Schwaller (Léonce et Léna),  Laurent Pelly (Mangeront-ils ? de Victor Hugo), Denis Maillefer (Seule la mer d’Amos Oz), Fabrice Gorgerat (Manger Seul et Blanche/Katrina), Magali Tosato (Il y a quelqu’un), Julien Georges (Le Moche de Marius von Mayenburg), Julie Burnier et Frédéric Ozier (Le Dératiseur de Hamelin de Nicolas Yazgi), Marcial Di Fonzo Bo (Merlin dans King Arthur, à l’Opéra de Genève, 2018). En 2015-16, il présente sa première création personnelle à l’Arsenic de Lausanne (puis en tournée) : Nous Souviendrons Nous. Avec la Distillerie Cie, il joue et signe la mise en scène collective des Trublions de Marion Aubert; avec le Collectif Sur un Malentendu, il est interprète et co-metteur en scène dans Tristesse animal noir de Anjia Hillig (repris cet été au Théâtre de l’Orangerie de Genève). Au cinéma, il a tourné avec Lionel Baier, Rhona Mühlebach, Anouk Chambaz et François Yang.

MARC BERMAN (musique) travaille aujourd’hui comme musicien et compositeur dans des groupes de rock ou de folklore imaginaire (Vagalatschk, Primasch, L’Angle du Chat, YÄK) et de musique expérimentale (Berger Allemand, Cachalot) ainsi que pour diverses compagnies de théâtre, notamment celles de Sarah Marcuse (Cie la Fourmilière), d’Eric Devanthéry (Utopia), Gabriel Alvarez (Studio d’action théâtrale). Il a aussi composé et joué de la musique pour des spectacles de Guy Jutard, Didier Carrier ou encore Marc Liebens. En 2000 il a obtenu une licence de philosophie, linguistique générale et grec ancien à l’Université de Genève. En 2002, il devient journaliste culturel (diplôme CRFJ) à la Radio télévision suisse pour Espace 2. Il y assure durant quatre ans une émission hebdomadaire de philosophie, Les Temps qui courent, puis collabore entre autres aux émissions Dare-Dare et Zone Critique, en tant que critique de théâtre jusqu’en 2011. Marc Berman est titulaire d’un certificat de fin d’études terminales de piano au Conservatoire populaire de musique de Genève; il s’est formé en autodidacte autant pour la composition que pour l’apprentissage des divers instruments qu’il joue aujourd’hui: accordéon, guitare électrique, synthétiseurs analogiques semi-modulaires, électroniques diverses et MAOEntre 2006 et 2011, il participe à l’organisation et la programmation du Festival Akouphène (musique expérimentale et improvisée). Depuis 2011, il se consacre exclusivement à la composition de musique pour le théâtre, à la pratique de ses instruments et aux concerts en Suisse et en Europe avec ses différents orchestres. En 2016, il crée et réalise la fiction radiophonique intitulé La Promise, sur un texte de Xavier Durringer, diffusée sur Espace 2-RTS. Depuis 2017, il donne un enseignement sur la composition de la musique de théâtre pour le Certificate of Advanced Studies (CAS) « Dramaturgie et performance du texte » à l’Université de Lausanne et à la Manufacture (Haute école des arts de la scène).

FRANÇOIS RENOU (coach vocal) étudie le chant, d’abord auprès de Michel Piquemal à Paris, puis au Centre de musique baroque de Versailles, et enfin en Master à l’HEMU de Lausanne. Il se produit régulièrement avec l’Ensemble Vocal de Lausanne dirigé par Daniel Reuss, et intègre en parallèle La Manufacture, où il obtient un Master en mise en scène en 2018. Il a notamment dirigé la création Les Zoocrates avec Pierre Lepori à l’Opéra de Lausanne, et assuré la mise en espace de deux spectacles jeune public de l’Orchestre de Chambre de Lausanne ; ce partenariat se prolongera en 2019 avec Le Songe d’une nuit d’été, associant la musique de Mendelssohn et le texte de Shakespeare. Il intervient également en milieu pédagogique auprès d’étudiants en musique, danse et théâtre.

ALBERTINE (dessins)  est  née en 1967 à Dardagny en Suisse. Elle dessine pour la presse, réalise des affiches, des objets, et collabore avec le cinéma d’animation et le théâtre. Elle enseigne pendant dix-sept ans la sérigraphie et l’illustration à la HEAD de Genève. Elle a publié de nombreux ouvrages tant pour la jeunesse que pour les adultes, dont plusieurs en collaboration avec l’auteur Germano Zullo. Leurs albums ont remportés de nombreux prix dont le New York Times Best Illustrated children’s book Award en 2012 et le Bologna Ragazzi  Award Fiction en 2016. Elle expose régulièrement son travail en Suisse et à l’étranger. Parutions récentes (aux Editions La Joie de Lire) : Les oiseaux (2010) ; Les gratte-ciel (2011) ; Ligne 135 (2012) ; Mon tout petit (2015) ; Le président du monde (2016). Collaborations pour le cinéma d’animation : Le génie de la boîte de raviolis (Claude Barras, 2005), Chambre 69 (Claude Barras, 2012), Nain Géant (Fabienne Giezendanner, 2013), La femme Canon (David Toutevoix et Albertine, 2017), Les  Gratte ciel (Fabienne Giezendanner, 2017).