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Avant-Première à ne pas manKer!!!

Lancement du nouveau projet: La Cie  TT3 présente au Festival In-Cité une première maquette de son KLAUS NOMI PROJEKT, qui donnera lieu à une publication à l’automne (chez HumuS), suivie d’une tournée de lectures-concerts en 2019.

Un hommage haut en couleur à l’une des figures marquantes de la new-vawe américane, martien-chanteur à la voix de fausset qui a traversé comme un météore les nuits fauves d’un New York kitsch et pop.

Avec : Cédric Leproust (jeu), Marc Berman (composition et musique live), Albertine (dessins). Un projet de Pierre Lepori.

Dimanche, 1er juillet 2018, 19h30
Festival In-Cité
Esplanade de la Cathédrale, Lausanne

Durée : 65 minutes

 

 

 

Voici quelques extraits pour vous mettre l’eau à l’oreille:

Avec le soutien de:  
                

J’étais belle, changeant de sexe à loisir, ébouriffant sans plus choquer, craquant craquante aux clubs enfumés de l’underground fin de siècle. Quelle déferlante, me voilà embarqué à toute allure dans ce que j’avais toujours brodé. Plus vite encore, plus étincelant, d’une soirée à l’autre le tapis d’une gloire attendue se déroulait sous mes escarpins de princesse cellophane. Pendant la journée, nous vaquions aux costumes, inventant sans arrêt des parures fournies, de trois bouts de ficelle tirant l’aurore boréale. Je chantais sans discontinuer: des vocalises, de l’opéra, mélangeant comme des alcools bariolés tout un cocktail de mauvais goût et de raffinement. On appelait ça la new wave, mais j’y amenais des artifices de diva, de la poudre d’escampette, chiffonnant toute bonne séance au demeurant. Tout le monde s’amusait. Et moi, je défilais altière, telle une pythie emberlificoté dans des baves de strass. Tout le monde venait me voir, éberlué par ma voix, mes prouesses classieuses. Jusqu’à l’apothéose, une boutique des plus branchées qui se payait une perfo de mon cru. Je sortais d’un immense K dressé, tel un phallus présomptueux, dans des volutes de fumée rose, Castafiore du pop, Cunégonde candide tombée d’une autre planète pour sauver les nuits mornes d’une jeunesse en débraillance. Ce que j’avais rêvé toute mon enfance, dans la tristesse vaseuse de mon Allemagne natale! Du toc à la puissance sidérale, qui séduisait un auditoire de plus en plus garni. Tout ce que je voulais. Pourquoi alors, à l’aube d’après ces fêtes inouïes, traversant la ville parmi les monticules de neige jaunâtre au creux des macadams, je me surprenais à songer à l’étoile pointée comme un i sur la plus haute de mes montagnes d’enfance, dans l’odeur du cambouis, au soir des moissons? Ce ciel trop large et presque outrageux d’ennui, un murmure de soie dans le bourrelet le plus secret de ma mémoire. Le poison de mon enfance, comme un hoquet dans la nuit de New York, m’empêchait de fermer l’œil, de me sentir plonger, à l’abandon. La vie filait trop vite entre mes cartilages de feu-follet.

 

Participent au projet:

CÉDRIC LEPROUST (jeu) élève aux cours Florent à Paris (2004-7), puis de La Manufacture à Lausanne (2009-12). Depuis il a joué sous la direction de Vincent Brayer (Rêve), Anne Schwaller (Léonce et Léna),  Laurent Pelly (Mangeront-ils ? de Victor Hugo), Denis Maillefer (Seule la mer d’Amos Oz), Fabrice Gorgerat (Manger Seul et Blanche/Katrina), Magali Tosato (Il y a quelqu’un), Julien Georges (Le Moche de Marius von Mayenburg), Julie Burnier et Frédéric Ozier (Le Dératiseur de Hamelin de Nicolas Yazgi), Marcial Di Fonzo Bo (Merlin dans King Arthur, à l’Opéra de Genève, 2018). En 2015-16, il présente sa première création personnelle à l’Arsenic de Lausanne (puis en tournée) : Nous Souviendrons Nous. Avec la Distillerie Cie, il joue et signe la mise en scène collective des Trublions de Marion Aubert; avec le Collectif Sur un Malentendu, il est interprète et co-metteur en scène dans Tristesse animal noir de Anjia Hillig (repris cet été au Théâtre de l’Orangerie de Genève). Au cinéma, il a tourné avec Lionel Baier, Rhona Mühlebach, Anouk Chambaz et François Yang.

MARC BERMAN (musique), philosophe de formation, il suit les cours du Conservatoire populaire de musique de Genève et se forme en autodidacte à la composition. Polistrumentiste (accordéon, guitare électrique, synthétiseur), il travaille pour différents groupes de rock (Vagalatschk, Primasch, L’Angle du Chat, Gilgamesh) et de musique expérimentale (Berger Allemand, Fashion Noise), ainsi que pour les compagnies de théâtre d’Éric Devanthéry, Sarah Marcuse, Guy Jutard ou Gabriel Alvarez.

FRANÇOIS RENOU (coach vocal), baryton, se forme au Centre de musique baroque de Versailles et obtient un master à la Haute école de musique de Lausanne. Il termine actuellement un master théâtre (orientation mise en scène) de la HETSR (La Manufacture), il est membre de l’Ensemble Vocal et du Chœur de l’Opéra de Lausanne. En 2017 il signe, avec Pierre Lepori, la création mondiale de Les Zoocrates de Thierry Besançon (Opéra de Lausanne).

ALBERTINE (dessins) est née à Dardagny.Formée à l’École d’arts décoratifs, puis à l’École supérieure d’art visuel de Genève. À partir de 1991, elle collabore régulièrement avec la presse. De 1996 à 2014, elle est chargée de cours en sérigraphie et illustration à la Haute école d’art et de design de Genève (HEAD). Elle a publié de nombreux ouvrages tant pour la jeunesse que pour les adultes, dont la plupart en collaboration avec l’écrivain Germano Zullo. Elle expose régulièrement son travail en Suisse comme à l’étranger. Elle est finaliste du prestigieux Prix Andersen 2018.